Le premier chapitre s’intitule dîner avec Kasparov. Kasparov étant un champion d'échecs. Après certaines discussions entre les deux hommes que la narrateur nous raconte, il aborde la question du caractère de Guardiola.
« Si je devais définir Pep, je dirai que c’est un homme qui questionne tout, pas par insécurité ou peur de l’inconnu, mais dans la recherche de la perfection. Guardiola peut être alors obsessionnel et croit que la solution parfaite n’arrivera qu’après les avoir toutes examinées »
« Quand il s'assoit pour préparer son plan de jeu, il ne pense pas à comment va jouer son équipe car il sait déjà comment elle va jouer. »
« La stratégie de base ne change pas mais il y a la place pour des nuances en analysant la contribution d’un joueur par rapport à un autre pour établir les meilleures relations »
« Il fait ça pour chaque joueur de son équipe puis il recommence une seconde fois. C’est son rituel durant la semaine d’avant-match. »
Le premier chapitre est assez court et on peut lire quelques échanges avec Kasparov mais ce chapitre permet de faire un lien primordial entre les échecs et le football
En effet, pour moi qui ait regardé beaucoup de football depuis le confinement, j’ai remarqué que les échecs et le foot se ressemblaient énormément dans la capacité à devoir penser 3-4 coups d’avance sur ton adversaire
Le second chapitre porte sur les premiers jours de Pep au Bayern. 247 journalistes sont présents pour son annonce en tant que nouveau coach du Bayern, record pour n’importe quel événement dans l’histoire du club bavarois.
Karl-Heinz Rummenigge précise alors: « La Bundesliga est notre objectif le plus important car il s’étend sur 34 matchs mais la Champions League est la plus grande compétition, même si il n’y a aucune garantie malgré votre travail »
Toujours important de bien préciser ce point si important. Tu peux être la meilleure équipe au monde et ne pas gagner la Ligue des Champions.
« À la surprise générale, il parle un allemand très précis. Il s’y connaît en constructions grammaticales complexes et utilise correctement le pronom démonstratif «diese» ainsi que le mot difficile «herausforderung» lorsqu’il parle des défis à relever. »
Mourinho était pareil. Il apprenait la langue à un très bon niveau avant d’arriver dans un nouveau club. Très important pour mieux communiquer ses idées à ses joueurs
« Au moment de la conférence de presse, Guardiola est anxieux et ne veut pas expliquer son style de jeu en profondeur. Il choisit donc cette phrase: « Mon football est simple: Attaquer, Attaquer, Attaquer » »
La suite du second chapitre se concentre sur l’enthousiasme des dirigeants bavarois et des raisons pour lesquelles ils ont décidé de prendre Pep lorsqu’ils ont su pour l’intérêt réciproque
Ce qui manquait au Bayern à cette époque là malgré tous ces trophées gagnés et cette riche histoire, c’était un style de jeu identifiable et qui de mieux que Pep pour cela? Il est le mieux placé
Le troisième chapitre revient un peu en arrière, 5 mois après que Pep ait quitté le Barca. Le Catalan avait déjà reçu 4 offres (ou plutôt quatre lettres d’amour comme il est dit dans le livre): Chelsea, Manchester City, Milan et le Bayern.
Et les raisons de son départ du Barca sont évoquées. Au delà de 4 ans épuisants mentalement pour toujours être au top, Pep devait agir comme entraîneur, porte-parole du club, président virtuel et même coordinateur de voyage.
Ajouté à cela, il ne s’entendait pas avec les deux présidents qui se sont succédés. Tandis que Laporta était aussi passionné qu’imprévisible, Rosell est qualifié de bureaucrate.
Je vous passe les détails sur Rosell mais il a surnommé Pep le Dalai Lama et ne lui faisait pas confiance car il pensait Pep dévoué à Laporta.
De plus, certains joueurs pensaient que les exigences toujours plus élevées de Pep malgré tous les trophées gagnés ne pouvaient plus continuer.
Sur les raisons de son départ, Pep dit: « la raison était que je ne pouvais plus me renouveler tactiquement, j’étais à genoux, et j’ai donc décidé de partir. C’est tout. »
C’est reparti avec le quatrième chapitre. On y parle de nouveau des raisons du choix du Bayern pour Pep. En 2008, les dirigeants du Bayern savaient qu’ils devaient opérer un changement et l’arrivée de Van Gaal leur a fait prendre conscience que c’était la marche à suivre.
Après Heynckes et Van Gaal, le Bayern devait entamer sa troisième phase et quoi de mieux que l’homme qui avait montré comment gagner tout en jouant un jeu attractif.
« Le Barca a commencé à jouer comme une équipe de basketball. Ils bougeaient plus, faisaient tout le temps circuler le ballon et changeaient constamment de position. Ils gardaient le ballon pendant de longues séquences de jeu [...] et c’est ça le football moderne »
« C’est ce que nous devons mettre en place maintenant pour qu’on puisse peut-être toujours jouer de cette façon dans 10 ans »
Sachant que j’ai joué au basket pendant 10 ans, ce passage ne peut que me parler puisque ce sont exactement ces raisons qui ont fait que j’ai aimé le City de Guardiola (la première équipe de Pep que j’ai pu regarder avec un vrai cerveau foot on va dire)
Le spacing, les changements de position constant pour créer de l’espace et enfin les rotations pour s’assurer une solidité défensive sur transitions sont autant de principes appliqués au basket (j’en parlerai plus en détails si vous le souhaitez)
Le cinquième chapitre se concentre sur la préparation du Bayern durant la première intersaison de Pep avec les bavarois. Le 14 Mai, Pep envoie un mail à son staff en leur donnant la marche à suivre.
Durant les 7 semaines de préparation, 10 matches amicaux, 45 sessions d’entraînement et 3 matches officiels ont été programmés. Parmi ces 3 matches officiels a lieu le match de coupe contre Dortmund.
Rummenigge se dit très excité par ces 7 semaines: « Je suis désespéré de voir les entraînements. Je veux voir ce que Pep va décider de changer dans l’équipe »
La première séance d’entraînement se déroule sans certains membres de l’équipe première qui sont toujours en vacances.
La session commence avec quelques taureaux. Les joueurs sont divisés en trois groupes. Dans chaque groupe, six joueurs forment un cercle. Leur but est de se passer le ballon le plus vite possible tandis que leurs deux coéquipiers à l’intérieur du cercle tentent de les arrêter.
Mais Pep est inquiet par le niveau technique des joueurs durant les taureaux et c’est alors que son préparateur physique le rassure.
« Les joueurs travaillent dans une zone de 70 mètres de long. Ils courent d’abord lentement, en pratiquant trois exercices technico-tactiques différents. Puis ils reviennent en sprint. »
« Il faut environ six minutes pour compléter les deux étapes et ils parcourront en fait environ 4 km dans un espace de 150 mètres. La séance implique des exercices de résistance, mais exige aussi qu’ils travaillent en coopération. »
« L’idée est qu’ils vont ensuite transférer ces compétences à leur jeu. Chaque exercice intègre un aspect de la philosophie footballistique de Pep. L’un est à la recherche du troisième homme, le second des exercices 2v1 et le troisième est un exercice de dépassement. »
« Il y a maintenant quatre séries de jeux de position, d’une durée de quatre minutes chacune. Ces exercices de détention sont une partie essentielle de l’arsenal de Pep. »
« Quatre joueurs forment un rectangle, quatre autres se positionnent à l’intérieur et il y a trois joueurs pouvant se déplacer partout. Le ballon circule en une touche et le coach crie de temps en temps: Presser! Presser! Presser! »
Ensuite, Pep travaille individuellement avec Kroos parce qu’il le voit comme une pièce très importante de son Bayern. Pep lui montre comment penser à sa prochaine action lorsque l’on passe le ballon (un principe important du foot de Pep)
Comme disait Thierry Henry dans son interview avec Canal+, les joueurs du Barca avaient toujours un coup d’avance (vocabulaire des échecs) et le travail de Pep avec Kroos va dans ce sens-là.
Ensuite, Guardiola va parler avec Jérôme Boateng car il le voit comme un grand talent.
« Durant la première saison, l’attention de Pep pour Boateng atteindra des niveaux presque obsessionnels alors qu’il s’efforce d’éradiquer les trois points faibles du joueur. »
« Pep lui demandera de travailler à maintenir sa position sur la ligne défensive, défendre avec puissance et éviter les pertes de concentration. »
« Dès le premier jour, Pep fait avancer le bloc défensif habituel du Bayern de plusieurs mètres. L’objectif est un meilleur marquage et une meilleure anticipation des attaquants adverses, ainsi qu’une défense plus agressive et prenant plus de risques »
« Aujourd’hui, alors que la séance d’entraînement se termine, Pep demande à Ribéry si il se sentirait à l’aise de joueur dans une position plus centrale. Ribéry ne comprend pas. »
« Le Catalan est devenu un habitué de Messi en ‘faux 9’. Un buteur qui ne fait pas que d’être dans la surface adverse mais joue bien plus en retrait. Un joueur qui attaque les zones où les centraux travaillent, mais sans qu’ils puissent le contrôler »
« Pour Guardiola, le buteur n’est pas dans la surface mais y arrive dans le bon timing après une attaque bien construite »
C’est un passage dont je ne me rappelais pas mais il prend maintenant tout son sens. Quand on voit Firmino, Aguero, Kane ou bien encore Benzema, ils jouent en dehors de la surface mais une fois qu’ils ont fait la différence ils attaquent immédiatement la surface adverse.
Le cinquième chapitre s’arrête là dessus et on peut donc voir que Guardiola pense à Ribéry au centre du jeu mais qui va jouer sur les côtés avec Robben? On ne le sait pas pour le moment.
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