Anice Lajnef
Anice Lajnef

@AniceLajnef

30 Tweets 90 reads Mar 08, 2022
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Quand il y a une guerre, il faut comprendre à qui elle profite.
Il faut savoir se défaire de nos émotions du moment, des malheurs que la guerre engendre sur les populations civiles, pour savoir qui tirent les ficelles.
Les racines d'une guerre sont souvent complexes. Elles peuvent être politiques, géostratégiques, religieuses, civilisationnelles, économiques, financières, etc...
L'Ukraine est une ex république du bloc soviétique dont le sol est riche en matières premières, et dont une partie de la population veut se tourner vers l'UE, alors qu'une autre veut garder ses liens historiques avec Moscou.
Dans ce contexte qui fracture la société et le pays, depuis plus de 20 ans, le bloc OTAN/UE et les Russes jouent de leurs influences pour défendre leurs intérêts économiques et géostratégiques.
Les méthodes de Poutine sont connues du grand public. Les méthodes américaines le sont moins.
Les méthodes de nos alliés sont parfois à la limite de la corruption, se servant de la dette comme un moyen de pression politique, comme s'en vante ici Joe Biden.
Les raisons qui ont mené à cette situation de guerre sont complexes. Cependant la guerre est avant tout l'occasion d'énormes opportunités économiques et financières.
Margrit Kennedy, une économiste autodidacte allemande qui a vécu en son temps la course à l'armement entre le bloc soviétique et le bloc occidental, avait bien compris que l'industrie de l'armement permettait de perpétuer l'illusion de croissance infinie.
Après la vente d'armes qui dévastent des pays matériellement, vient le temps de la reconstruction et des contrats très juteux !
À peine la guerre terminée et le sang des civils encore chaud, les charognards se pressent pour s'accaparer une part du butin comme en Iraq et en Libye.
Comme je l'explique dans de nombreux threads et articles, une économie fondée sur la dette avec intérêts nécessite une croissance infinie. Cette nécessité est intrinsèque à la nature exponentielle des taux d'intérêts.
Ce modèle ne pose pas de problème au début de son cycle comme ce fut le cas pendant les 30 glorieuses (1945-1973).
Après une guerre, la reconstruction offre au système monnaie-dette les opportunités de croissance.
Mais depuis 2008, le système monnaie-dette est enrayé. La croissance est limitée. Les États s'endettent toujours plus. Le nombre de sociétés "zombies" ne fait que gonfler. La crise financière et économique menace.
Pour repousser ce moment fatidique de l'effondrement du système monnaie-dette, dès 2008, les usuriers de ce monde ont eu l'idée de faire tourner la planche à billets numériques des banques centrales. #FED
Mais cette impression monétaire doit être justifiée car elle a des conséquences sur les citoyens : exacerbation des inégalités de richesse, bulles des marchés financiers, hausse de l'immobilier, inflation qui appauvrit les classes les moins riches, etc...
Après la crise de 2008, il était facile de justifier la création monétaire magique : "soit nous sauvons les banques, soit nous mourrons tous avec elle".
Le fameux chantage du "too big to fail".
Lors de la crise de la dette des États (2010-2014), le credo était : "soit nous sauvons les État qui ont sauvé les banques, soit nous mourrons tous".
Ce "sauvetage" a été accompagné de l'austérité, à savoir hausse des impôts et baisse de la dépense dans les services publics.
En 2019, en pleine crise des #GiletsJaunes, le système financier va connaître une crise dite du "repo" annonciatrice d'un krach financier éminent.
Mais la finance internationale a été sauvée in extremis par l'arrivée dans nos vies du covid 19.
Une opportunité qui a permis aux banques centrales d'imprimer numériques des milliers de milliards ! La BCE et la FED ont doublé leurs bilans en deux ans !
Cette création monétaire n'aurait jamais été justifiée sans le contexte de crise sanitaire.
Mais comme tout système qui repose sur la dette, arrive le moment où il faut rembourser. Et pour cela, il faut de l'activité économique et des relais de croissance.
Quoi de mieux qu'une guerre, que la peur et l'émotion qu'elle génère pour justifier d'appuyer toujours plus sur la gâchette monétaire des banques centrales.
En agissant ainsi, les usuriers gagnent du temps. C'est une fuite en avant d'un système qui nous mène au chaos.
Dans ce contexte de fragilité financière, la guerre s'est invitée dans nos vies, éclipsant comme par magie la crise sanitaire.
Aux premiers coups de canons, les médias ont été envahis par des va-t-en-guerre jouant sur nos émotions et sur le mensonge.
Ces adeptes de la "guerre humanitaire", nous les connaissons. Ils ont envahi nos plateaux en 2003 pour défendre la guerre en Irak, ou en 2011 pour pousser à la guerre en Libye.
À la fin, le résultat n'est que chaos pour ces pays et leurs populations.
Ce sont des atlantistes, des belliqueux, des gens qui aiment la guerre quand elle concerne les autres, quand elle est assez loin d'eux.
Parfois, on peut être berné par leurs appels à la guerre surtout quand ils font appel à nos émotions.
Parfois le message est moins hypocrite. Comme c'est le cas avec ce "forgeron" de la guerre, qui fait un lien direct entre la guerre, l'armement, la dette, et l'UE.
S'endetter grâce à la monnaie magique de la BCE pour acheter des armes afin de faire la guerre, waou, c'est direct !
On comprend mieux grâce à ce faucon le lien entre la dette et la guerre, entre l'industrie de l'armement et la guerre, en somme entre le capitalisme usuraire et la guerre. #Jaurès
On me demande souvent pourquoi je fais tout ça, pourquoi je passe mon temps à expliquer la finance.
Je le fais car j'ai compris qu'une partie de la finance (l'usure) porte en elle le chaos et la guerre.
J'ai compris que l'usure n'était qu'un moyen pour une caste prédatrice de voler le temps de vie des gens, de plonger les plus fragiles dans la détresse, tout ça pour accumuler de l'argent. Quitte à détruire l'humain et la planète.
Certains accumulent de l'argent par peur de la mort, d'autres pour s'accaparer le pouvoir dans le but de dominer les hommes.
À la fin, je me suis rendu compte qu'en fin de cycle, ce sont toujours les peuples qui trinquent, qui sont poussés à s'entretuer pour des causes qui les dépassent.
Comme dans toute guerre il faut choisir son camp. Le mien sera toujours le camp de ceux qui se battent contre l'injustice et l'usure, et qui veulent construire un monde de paix et de justice.
Fin.

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