Anice Lajnef
Anice Lajnef

@AniceLajnef

25 Tweets 7 reads Apr 01, 2022
Thread : pérégrination personnelle sur le temps...
Ce n'est ni le cœur, ni la raison, qui vont finir par nous pousser à consommer moins de matières premières, mais la hausse des prix.
#inflation
Nous aurions pu par nous-mêmes réfléchir à un système économique et monétaire qui ne permette pas l'extraction accélérée des ressources de la planète, qui pollue notre air, nos mers, et nos terres...
Prenant le relais des banques commerciales, la monnaie est créée de manière exponentielle par les banques centrales du monde entier, alors que certaines ressources de la planète s'amenuisent, touchant pour certaines leur pic de production, et pour d'autres l'ayant même dépassé.
Certaines ressources comme les denrées alimentaires ou l'énergie renouvelable se régénèrent au rythme de la nature, et non au rythme frénétique des banques centrales.
La création monétaire par la dette est une avance sur le temps, elle accélère le rythme des choses, nous faisant aller de plus en plus vite, contre notre propre nature, jusqu'à ce que les corps et la planète finissent par nous envoyer des signaux d'alertes.
Aujourd'hui la hausse des prix des matières premières nous rappellent que le monde matériel est limité à un instant donné, contrairement à la monnaie-dette qui est créée sans limite, par un simple coup d'index sur un clavier de la #Fed, de la #BCE, de JP Morgan, ou de la BNP...
Hier, le confinement a arrêté le temps, nous mettant face à des questions que nous pouvions plus fuir, face à nos incohérences, parfois même face à notre raison d'être.
Suite à nos questionnements, on s'était promis d'œuvrer pour "le monde d'après".
Les dirigeants de ce monde restés au pouvoir, en ont décidé autrement. C'est vers la guerre économique, monétaire, énergétique, et même militaire qu'ils nous mènent.
Comme nous sommes incapables d'inventer un nouveau monde, nous allons nous entêter à faire perdurer le système actuel - fait d'usure, de consumérisme, de productivisme, et de cupidité - jusqu'à ce qu'il s'écrase de lui-même contre le mur de l'histoire.
La monnaie qui repose sur la dette avec intérêts accélère le temps. Nous avons donner les clés du temps au système bancaire et financier.
En quelques siècles, ils ont réussi à en faire une denrée comme une autre qui s'achète et qui se vend...
Voici le "Temps", accaparé par les financiers de ce monde, devenu une simple marchandise qui s'achète et qui se vend, aussi vulgairement que cela...
En utilisant l'ingéniosité humaine, les financiers ont créé un système qui permet de tirer vers nous l'axe du temps.
Grâce à leur pouvoir faussement magique, ils nous permettent de jouir du pouvoir d'acheter aujourd'hui ce que nous aurions dû acheter demain en patientant un peu.
Mais ce tour de magie de la création monétaire par la dette/crédit n'est pas gratuit. Il faut non seulement rembourser les sommes empruntées, et même un surplus au financier : les fameux "intérêts".
Dans le monde construit par les financiers, il faut d'abord s'endetter pour consommer, puis travailler ensuite pour rembourser la somme avancée, et même travailler plus pour payer la "taxe" du financier, à savoir les intérêts.
Le cycle du temps est inversé.
Naturellement, nos ancêtres fournissaient un effort avant de jouir du fruit de leur travail.
Aujourd'hui, nous consommons d'abord, puis nous travaillons ensuite, dédoublant d'efforts pour payer la "taxe sur le temps" des financiers.
Ces "marchands du Temps" profitent tantôt de la détresse des ménages qui n'arrivent pas à suivre ce rythme effréné et imposé, tantôt ils profitent des gens pressés d'assouvir leurs pulsions de consommation matérielle ou leurs pulsions d'accumuler les richesses à l'infini.
Les victimes des "marchands du Temps" courent pour rattraper leur retard sur le temps. Leurs complices courent pour aller toujours plus vite, pour consommer toujours plus, ou pour posséder toujours plus, sans limite, à l'image de la monnaie-dette qui ne se fixe aucune limite.
En réalité, les instigateurs de la monnaie-dette ne sont pas que des marchands du Temps. Ce sont surtout des voleurs de notre temps, et donc des voleurs de morceaux de nos vies.
Mais faisant face aujourd'hui aux limites physiques que la nature nous impose, les voleurs du temps ne comptent pas rendre les clés de la création monétaire. Ils s'entêtent dans une fuite en avant dans laquelle ils nous entraînent, parfois malgré nous.
Le vol de nos morceaux de vies ne leur suffit pas. Le vol des ressources de la planète qui appartiennent aussi aux générations futures ne leur suffit pas.
Les voilà qu'ils comptent rester aux manettes - se complaisant dans des règles économiques qui leur ont donné le pouvoir - quitte à nier le réel, quitte à nous sacrifier dans l'autel de leurs passions.
Je suis conscient que celui qui lira ce thread dans le RER pour ramener de quoi manger à la maison et pour payer les crédits de la voiture et de la maison, le trouvera sûrement trop détaché de la dure réalité de sa vie.
J'en suis conscient. Mais dans ces temps où les événements s'accélèrent, il faut savoir se mettre parfois sur le bord de la route, pour prendre un recul nécessaire, pour souffler, pour penser...
Le train de nos vies va trop vite, va-t-il ralentir avant d'arriver en gare finale ? C'est une question que je me suis posée dans un billet de blog en 2019. Face au brouhaha de Twitter, je nous trouvais divertis, dispersés, désunis. Les choses ont à peine évolué depuis.
"Nous sommes pris dans une dictature des désirs. Avoir tout de suite ce que nous pouvons avoir demain. Consommer sans attendre, consommer par pulsions. Quitte à s'endetter et à s'en remettre à la finance. Quitte surtout à détruire notre planète."
Sept 2019
blogs.mediapart.fr

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