24 Tweets 1 reads Feb 19, 2023
Être libre, c'est quoi ?
La notion de liberté en philosophie.
- THREAD -
Ce thread s'adresse à tout le monde, mais va aussi et surtout permettre de synthétiser cette notion pour ceux qui passent le bac très prochainement !
Ce thread peut servir de petit récapitulatif pour cette notion, j'y aborde certains points qui me semble majeur tout en restant concis.
I - Définition
La notion de liberté demeure un point majeur dans notre conception du monde actuel. Dans un moment de joie, certains individus peuvent s’écrier « Je suis libre ! ».
Nous pouvons aussi « avoir l’esprit libre », ou nous pouvons même dire que « la voie est libre ».
D’un point de vue étymologique, le mot liberté provient à l’origine d’un adjectif latin « liber » , littéralement celui qui n’est pas esclave.
Ce terme de liberté désignait jadis l’homme libre par opposition à l’esclave, c’est-à-dire la personne soumise à quelqu’un, celle qui est privée de sa liberté.
De ce fait, il est possible d’envisager l’idée selon laquelle l’expérience d’un comportement libre résulte de la possibilité de faire ce que l’on veut, c’est-à-dire ne pas être contraint, ne pas être empêché.
Nonobstant, il semble pertinent de se questionner quant à tout cela. Est-il possible d’imaginer un homme capable de faire tout ce que bon lui semble ? N’est-ce pas là la représentation même d’un idéal purement inatteignable ?
Et surtout, l’homme dépourvu de limites, de contraintes, l’homme qui n’est pas asservi ne se retrouverait-il pas justement soumis à lui-même, à savoir ses propres désirs ?
II - Licence et liberté
Quand nous parlons de liberté, la coutume veut que l’on envisage une forme d’absence absolue de contraintes et de limites.
En somme, l’homme ayant la capacité de réaliser tous ses désirs, sans qu’il se retrouve acculé par des obstacles, serait libre.
Lorsqu’on souhaite mettre en exergue les aspects négatifs de la notion de liberté, l’emploi du terme « licence » semble pertinent, puisqu’on l’assimile à un excès de liberté.
Nous retrouvons cette idée dans le Gorgias de Platon, puisque Calliclès vient mettre en avant le fait que la liberté repose sur la satisfaction totale et illimitée des désirs.
Ainsi, l’obéissance, que ça soit envers la morale ou les lois notamment, s’avère complètement contraire à la notion de liberté, mais aussi à la notion de bonheur.
Pourtant, nous pouvons voir, au travers du temps et même aujourd’hui encore, que des barrières subsistent.
Barrières qui empêchent l’homme d’atteindre cette liberté tant idéalisée ; je pense au travail par exemple, mais je pense aussi au simple fait de vivre en société.
De ce fait, nous pouvons voir le fait que l’homme reste soumis à des contraintes autant internes qu’externes qui viennent contrecarrer sa quête sempiternelle de liberté.
En somme, l’homme n’est jamais totalement libre. Ce dernier dépend, qu’il le veuille ou non.
Je reprends une citation de Platon qui me semble pertinente, quand le philosophe adresse à Socrate ces mots porteurs d’un sens très fort :
"L’excès de liberté ne peut tourner qu’en excès de servitude pour un particulier aussi bien que pour un Etat."
III - Libre-arbitre
Un point majeur doit être mis en avant : le libre-arbitre et cette possibilité que l’homme a de pouvoir agir ou vouloir par soi-même, c’est-à-dire librement, consciemment, sans être affecté ou influencé par une quelconque cause extérieure à sa volonté.
Et nous pouvons retrouver tout cela chez Descartes puisqu’il définit la notion de libre-arbitre d’un point de vue bien spécial.
Il affirme que l’homme a une volonté douée de libre-arbitre, c’est-à-dire la faculté de se déterminer indépendamment de toute contrainte extérieure.
Descartes détaille plusieurs degrés de libre-arbitre.
Le degré le plus bas du libre-arbitre pour le philosophe français est la liberté dite « d’indifférence », où un choix va être fait sans une réelle raison apparente.
La forme plus haute à cela est la faculté d’agir en fonction de motifs éclairant davantage son choix. Ces motifs peuvent s’ancrer autant dans le domaine moral que dans le domaine de la connaissance.
Néanmoins, Descartes affirme le fait que notre volonté peut parfois être soumise aux passions, que l’on peut caractériser comme tout ce qui s'enracine dans notre corps (colère, envie, soif…).
La liberté de l’homme puise sa source autant dans l’action même que dans les conditions précédents l’action, à savoir notamment la prise de décision.
Le libre-arbitre, d’un point de vue moral, c’est ce qui permet de comprendre que nous sommes responsables de nos actions.
Prenons le cas de saint Thomas d’Aquin, qui va venir au travers de ses œuvres détailler le fait que si la liberté était absente chez l’homme, les récompenses et les sanctions n’auraient pas lieu d’être puisque nous n’aurions même pas le choix à l’origine.
Fin du Thread.
Je compte écrire plusieurs petits récapitulatifs très prochainement !

Loading suggestions...