23 Tweets Jan 31, 2023
On m’a interpelé en MP sur le message que j’ai fait passer à l’occasion : “Je déconseille à mes collègues de devenir IADE.”
Je confirme. Cette profession mérite de mourir, laissons la tomber dans l’oubli.
Voici pourquoi.
1/23
Le salaire.
Beaucoup semblent s’imaginer que les IADE gagnent grassement leur vie. C’est peut être le cas dans le privé, dans ce cas, cela peut être une motivation. Parlons de ce que je connais ; le public.
2/23
Avec les revalorisations du Ségur, la profession infirmière a vu ses salaires s’améliorer. C’est très bien, même si cela ne compense pas le gel de l’indice… Mais toutes les spécialités n’ont pas été revalorisées de façon homogène.
3/23
En conséquence, la différence à échelon/expérience égale entre un IDE et les spécialisations existantes est devenue beaucoup plus ténue. C’est le cas aussi pour les IPA d’ailleurs… Pourquoi s’investir et se former pour gagner presque la même chose ?
4/23
Mes collègues qui sont à 100% au SMUR sont mieux payés que moi. Le dernier qui m’a fait une réflexion en supposant que j’avais des comptes en Suisse a halluciné lorsqu’il a vu ma fiche de paie. Il gagnait plus que moi.
5/23
N’oubliez pas de prendre en compte la perte d’échelon et de salaire lorsqu’on fait la formation. Sans compter que vous devez 5 ans à votre institution si vous avez la “chance” d’être financé. Et si vous faites (étudiant) des WE et des nuits, c’est pareil.
6/23
J’ose à peine évoquer les fous qui s'endettent pour financer ces deux années en apnée. Il passent souvent leurs “vacances” à faire de l’intérim entre deux révisions. Ils peuvent viser le privé, mais le privé aime bien les gens efficaces de suite aussi…
7/23
La qualité de vie.
C’est un des deux seuls points positifs de cette formation. On gagne sans doute en qualité de vie. Moins de WE, moins de nuits, moins de patients à gérer simultanément. Mais c’est variable selon les endroits et les modes d’exercice.
8/23
La démarche intellectuelle
Oui, c’est chouette d’apprendre des choses. De faire des liens. De se faire rétrospectivement peur pour des choses qu’on avait pas réalisé (et qu’on croyait connaître). D’évoluer intellectuellement. C’est le second point positif. A double tranchant
9/23
La débâcle intellectuelle
Parce que n’imaginez pas que vous allez pouvoir faire valoir ces avancées. Pour la SFAR, le SNARF et autres SNPHARE vous êtes des exécutants relevant des tout puissants MAR. Vous ne faites rien sans qu’on vous le dise.
10/23
Et in fine, c’est vrai. Parce qu'évidemment qu’on ne va pas aller à l’encontre d’un médecin qui souhaite faire à sa façon. Cela n’a jamais été le propos d’ailleurs. Il a envie de faire à l’envers des recos ? Il fait. Il paraît que la médecine est un art…
11/23
Sauf que lorsque dans la réalité la présence de l’intéressé est de 10% du temps opératoire, on attend pas les prescriptions pour débuter les antalgiques (sinon on commence en SSPI). Encadrer les externes et les nouveaux internes ?
12/23
“Tu le laisses pas seul en salle lui, il commence”. L’enfant sur table fait un bronchospasme, en phase de réveil vs appelez le renfort, vous rendormez, passez à 100% de Fi02, la sat remonte. L’interne est encore en train de croire qu’il s’est extubé alors que le MAR arrive.
13/23
“Un problème ?”
“Il a spasmé, rendormi, repris à la main, tout va bien”
“Non, tout va pas bien puisque vous m’avez fait venir !”
“J’allais pas attendre qu’il se mette en arrêt pour faire quelque chose…”
14/23
Bref on peut multiplier les exemples à l’envie. Ce qui est insupportable, c’est le hiatus entre ce qui nous est demandé (être pros, logiques, intelligents) et la reconnaissance qui va avec. Le déni est SYSTEMATIQUE.
15/23
Les rares qui le reconnaissent ont autre chose à faire que jouer les chevaliers blancs pour une autre profession et on les comprend. Les exemples sont multipliables à l’envie, @les_minutes est en train de découvrir tout ça…
16/23
@les_minutes Le démantèlement
On va sortir des histoires de chasse pour parler de ce qui va finir de tuer la profession. Il y a quatre piliers dans la formation IADE ; anesthésie, réanimation, urgence, algologie. L’arrivée de la mention IPA urgence bouscule tout.
17/23
@les_minutes Si une mention urgence peut exister, cela signifie que la mention réa le peut aussi. Certains militent déjà pour cela. Dans ce cas, que fait-on du module réa de la formation IADE ? Il dégage. L’urgence ? Elle dégage.
18/23
@les_minutes Elle fait même plus que dégager, avec/pour les DESMU, vous devenez des incompétents, vivement les IPA Urgence. Ils sont peu à reconnaître qu’il pourrait y avoir une complémentarité.
19/23
@les_minutes Vous croyez que la douleur serait épargnée ? Non, c’est aussi dans les cartons. Donc, on ne garde QUE Anesthésie et on perd toute la richesse de la polyvalence de cette profession. Il faudra trouver de quoi meubler au passage.
20/23
@les_minutes Parce que le niveau Master II est assujetti à un volume horaire cohérent. En faisant quoi ? Des ALR ? La SFAR a mis son veto alors qu’elles sont tout aussi légales qu’une intubation. C’est non. Les abords centraux ? Idem.
21/23
@les_minutes Pourquoi s’acharner à vouloir faire une profession qui n’est pas reconnue pécuniairement et totalement récusée par ceux-là même avec qui nous sommes censés travailler en confiance ? Vous tiendrez le coup au début.
22/23
@les_minutes Puis ce sera la résignation ou l’abandon. Donc non. Ne devenez pas IADE. Vous finirez soit en fabricant de bougies (véridique pour un collègue), soit en boulot alimentaire. Laissez les MAR faire ce qu’ils déclarent tout haut. Pas besoin d’IADE pour ça.
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